Faire appel à un psy n’est pas toujours une démarche facile, elle peut être vécue comme honteuse, soumise non seulement au jugement de nos proches mais aussi – et avant tout – au notre car consulter un psy implique avant tout de reconnaître qu’on a besoin d’aide. De plus, il n’est parfois pas aisé de s’y retrouver ! Le terme de psy recouvre en effet plusieurs professions et spécialités. Mais, même si cette démarche est délicate, il existe des idées reçues, qu’il convient de démystifier :

« Les psys ? C’est très vague, tout le monde l’est un peu, non ? »

Il existe des titres réglementés. Je détaillerai ici ceux qui me concernent. D’abord celui de psychologue suppose d’avoir suivi un cursus après le baccalauréat à l’Université, sanctionné par un diplôme de Master 2 (5 années). Durant son cursus, le psychologue reçoit non seulement une formation théorique complète, choisit une spécialisation mais effectue aussi plusieurs stages pratiques dans des structures institutionnelles (Plus de détails sur ma formation dans la section présentation).

Lorsqu’il souhaite s’établir en cabinet, le psychologue peut faire la demande, auprès de la préfecture, d’un numéro ADELI en présentant ses diplômes. Ce numéro est une garantie contre l’exercice illégal de la profession.

Ensuite, le psychanalyste obtient ce titre en suivant lui-même, en tant que patient, une psychanalyse sur le long terme afin d’apprendre à connaitre ses fonctionnements inconscients (afin que ceux-ci n’interfèrent pas dans les thérapies qu’il mène), afin d’expérimenter la place du patient in situ mais aussi en étudiant des écrits théoriques. C’est un apprentissage long qui demande un réel investissement.

Le titre de psychothérapeute, réglementé depuis peu, peut être utilisé par des personnes ayant une formation en psychopathologie de 400h et effectué un stage pratique de 5 mois.

Les titres de psycho-praticien et de coach ne sont pas réglementés.

« Je n’ai pas envie d’en prendre pour 10 ans d’analyse.»

Si la psychothérapie peut apporter un mieux être à tous, l’engagement dans le temps diffère d’un patient à l’autre. L’image d’épinal de la psychanalyse infinie qui s’étale sur 15 ans n’est plus la norme. Entre un jeune professionnel qui entame une analyse pour devenir psychanalyste et qui viendra deux fois par semaine, pendant plusieurs années, et une personne qui consulte pour un problème ponctuel et dont la prise en charge ne s’étalera que sur quelques séances, il existe tout l’éventail des possibles. La durée de la prise en charge n’est pas fixée par avance, elle se décide entre le patient et son psy et peut évoluer au fil du temps ! On peut voir son psy une fois par semaine dans les périodes difficiles et moins souvent après. On peut le voir de manière intensive le temps de traverser un moment douloureux puis espacer les rendez-vous, on peut avoir le rythme régulier d’une psychothérapie traditionnelle, tout est envisageable ! C’est aussi au patient de sentir ce qui lui convient le mieux et de ne pas hésiter à en discuter avec son psy.

« Le psy c’est pour les fous.»

Sur cette simple phrase, on pourrait disserter sans fin. Qu’est-ce que la folie ? Un comportement non reconnu comme « normal » par la société ? Un comportement original, marginal ? Une souffrance psychique incapacitante ? Une déconnexion totale d’avec le réel ? N’avons-nous pas tous une part de folie ? Où se situe la frontière ? Quelle que soit l’acception du terme de folie que nous choisissions de retenir, le psy ne s’occupe pas que des fous ! Les personnes en grande souffrance psychique, en rupture complète avec la réalité et qui sont dans des manifestations symptomatiques impressionnantes ne sont qu’un infime pourcentage de nos patients. Surtout en cabinet libéral. La plus grande partie du travail du psy consiste à améliorer le quotidien, la connaissance de soi, la liberté par rapport à l’histoire, les fragilités, les aspirations des uns et des autres. Le psy ce n’est pas que pour le fou, cette idée reçue conduit des gens à s’interdire l’accès à un lieu qui pourrait soulager beaucoup de leurs douleurs et questionnements.

« Je n’ai pas besoin d’aller voir un psy, je parviens à m’analyser, j’ai assez de recul sur moi.»

Il est vrai que certaines personnes sont plus portées à l’introspection, à l’auto analyse et à l’écoute de leur monde intérieur que d’autres. Cependant, je suis toujours à l’intérieur de moi, même avec toute la bonne volonté du monde, je ne peux réaliser vraiment ce pas de côté, ce changement d’angle qui me conduira à reconsidérer d’autres facettes de mon histoire. Raconter mon vécu à une personne extérieure permet ce déplacement. De plus, la verbalisation demande une mise en récit, en mots, en images qui produit en elle-même un effet bienfaisant. Enfin, le cadre du cabinet et la formation du psy permettent une mise en perspective de ce récit pour le transformer. D’ailleurs, signalons que même les psys, pourtant formés à l’analyse, bénéficient des effets de ce cadre et que leur profession ne leur procure pas un recul « parfait » qui pourrait les dispenser d’une consultation en temps difficiles !